étymologie

Difficile de trouver un nom lorsque l’on démarre un projet communautaire. Le patronyme choisi sera le fer de lance de toute communication, il devra être simple, compréhensible, pas trop long, suffisamment explicite, s’associer à un logo, à une charte graphique et éditoriale. Tout passera à travers lui.

La gestation d’eco-sentiers n’a pas dérogé à ces règles, et le jour où il a fallu se décider à nommer l’initiative, une longue liste de propositions a vu le jour, très vite assaillie de commentaires décochés de toutes parts.

Rapidement, tous les acteurs présents à la genèse du projet on listé quelques impératifs simples :

  • faire le plus court possible
  • facile à mémoriser
  • y joindre d’une façon ou d’une autre le mot “sentier”, autour de quoi tout se concentre
  • rester français, l’initiative n’étant pas vouée à s’internationaliser
  • accessoirement trouver un nom qui soit disponible sur le web (nom de domaine)
  • évoquer la notion d’environnement
  • évoquer la notion de VTT

Concernant ces deux derniers points, il a bien fallu trancher. Comment faire passer l’environnement sans pour autant passer pour une initiative purement “écologique” (ou écologiste). Est-ce que placer le mot vélo, ou VTT était vraiment fondamental alors que le coeur de l’initiative visait à préserver le sentier sans la notion réputée dangereuse de la “séparation de pratique” ?

C’est finalement “eco” (sans accent, par simplicité) qui sera choisi pour accompagner notre “sentier“. Mais pourquoi “eco” ?

Cette racine est originaire du grec ancien οἷκος oikos : « maison, habitation ». Utilisée en préfixe d’un nom, elle indique un rapport avec la maison et, par extension, tout ce qui touche la gestion d’un ensemble où vivent de nombreuses personnes ou êtres vivants. Ainsi, eco-sentiers pourrait se traduire en “gestion des sentiers et de ses pratiquants”. Pour notre part, les randonneurs ayant de longue date leur fédération et leur structure très active, nous nous contenterons de nous occuper des questions relatives à l’accès de tous les sentiers par les vététistes, et le logo de l’initiative est là pour bien le rappeler.

Et pour le plaisir, petite étymologie du mot “sente” ou “sentier”

Trouvée sur une excellente ressource caminarem.org, une association pour le renouveau des sentiers et chemins de randonnée.

  • Origine : Trace odorante animale.
  • Morphologie : Tracé aléatoire, qui se fond dans le paysage. Flux réduits et marginaux.
  • Fonction : Voie d’accès à des confins territoriaux, ou à des sites d’approche difficile.
  • Histoire : Depuis le Néolithique et les déplacements des tribus de chasseurs-cueilleurs. Toujours en activité.
  • Évolution : En référence à des flux réduits et à des sites d’accès difficile, on a parlé de “sentiers des contrebandiers” ou des “sentiers cathares”. Aujourd’hui, dans le cadre de mises en scènes paysagères, pour faire appel au sens des marcheurs, on parle de “sentier botanique” ou de “sentier découverte”.

Et le “chemin”…

  • Origine : Étymologie celtique Cam (le pas), on marche pour faire la route.
  • Morphologie : Tracé dessiné et entretenu, plate-forme élaborée en terre et pierre.
  • Fonction : Vecteur des flux commerciaux, guerriers et migratoires pendant l’antiquité et le Moyen-Age.
  • Histoire : L’évolution de l’intensité des flux marque l’espace et détermine des structures : les chemins de Saint-Jacques de Compostelle au XIIIe siècle, les chemins de halage aux XVIe et XVIIe siècles, le chemin de fer au XIXe siècle.
  • Évolution : En rapport à une hiérarchisation des réseaux de circulation, le chemin fait référence à un réseau de proximité (chemin vicinal), à l’échelle du territoire communal. On peut noter la tendance actuelle à la diminution de la fonction agricole et de l’augmentation de la fonction de loisir du chemin.

Et enfin la “voie”

  • Origine : Ce par quoi l’on va… Terme essentiel à la Géographie, qui se décline à la fois comme espace défini et comme vecteur opérationnel.
  • Morphologie : Ouvrage complexe, qui nécessite un chantier de construction. Dans l’histoire, la voie romaine fait figure de cas d’école. La voie est mesurée, cadastrée, cartographiée.
  • Fonction : Les qualificatifs qui suivent le terme de voie indiquent les spécificités du réseau et de ses fonctions : voies navigables, voies ferrées, voies aériennes, voies communales, voies piétonnes.
  • Histoire : Pendant l’antiquité, la voie romaine a été le réseau de communication optimal pendant près de 8 siècles. Puis elle est progressivement intégrée dans les réseaux qui maillent progressivement l’Europe. Aujourd’hui, de nombreuses routes nationales et départementales épousent le tracé des “viae” gallo-romaines.
  • Évolution : De nos jours, la voie à une définition précise dans la hiérarchie des réseaux de circulation, c’est la voie communale. Le terme fait aussi référence à un site protégé et spécifique : voie piétonnière, voie des bus, voie en site propre.

Et si le vélo, considéré depuis sa création comme étant un véhicule, n’est réellement autorisé à circuler que sur des “voies” de circulation, il existe désormais, et depuis une vingtaine d’années seulement, une nouvelle catégorie de vélos dits “tout terrain” qui ont délaissé la fonction “transport” pour celle de “loisir nature”.

Il s’agit maintenant de faire comprendre et admettre au législateur que le VTT est avant tout un outil de loisir et de randonnée, au même titre qu’une paire de chaussures de montagne et de batons de marche, et qu’à ce titre il a toute sa place sur les chemins, sentes et sentiers, dans le respect des autres usagers.