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Drain, rigole, cunette et revers d’eau…

…sont dans un bateau, ou comment préserver nos sentiers de leur fléau majeur et incontesté : l’eau et son ravinement.

En effet, si les marcheurs, vététistes et autres cavaliers “usent” incontestablement les chemins tout au long de leur passages répétés, cette usure est finalement négligeable au regard des dégâts provoqués par le ruissellement, surtout lorsque la pente s’accentue, que les bassins déversants sont grands, et que les pluies sont violentes. Des caractéristiques qui se combinent tout particulièrement dans le département des Alpes Maritimes.

Alors que nous entamons la descente de cette petite portion de sentier sur les hauteurs de St Martin du Var, Lionel et Stéphane sont intarissables sur le trésor dont ils ont la garde : l’immense réseau de sentiers du département.

In Seculae Seculorum

Première vérité : la plupart des sentiers que nous empruntons aujourd’hui sont séculaires et remontent pour certains à l’époque des Romains.

Cette vérité n’est pas anodine, car parler de siècles ou de millénaires concernant ces voies de communication, devenues avec le temps voies de loisir nature, devrait inciter à un certain respect dans nos pratiques, et aussi une certaine modestie alors que nous entreprenons l’entretien ou la réparation de ces ouvrages qui ont pu traverser le temps.

Deuxième vérité : Si ces sentiers sont parvenus jusqu’à nous, ça n’est pas seulement parce qu’ils étaient bien conçus au départ, c’est aussi parce qu’ils étaient constamment entretenus par leurs utilisateurs au cours des années. Du moins jusqu’à il y a quelques décennies, lorsque les montagnes et l’arrière pays étaient encore habités par des éleveurs ou des cultivateurs, dont c’était les seules voies de communication avec les villes et villages.

Aujourd’hui, sans une volonté de la collectivité et des nouveaux utilisateurs de ces sentiers, ceux-ci disparaîtraient en très peu de temps.

Dans les pas du mulet

Troisième vérité : ces sentiers sont conçus avec deux contraintes essentielles :

  • Evacuer les eaux de ruissellement par tous les moyens
  • Les concevoir et les maintenir carrossables pour les mulets

Le “dré dans l’pentu” est donc proscrit 😉 . La pente doit être aussi régulière que possible, et plus celle-ci est forte, plus il y a des épingles.

Les emmarchements d’une hauteur raisonnable (30 cm maximum sinon le mulet ne veux plus monter) sont disposés pour casser la pente et retenir les matériaux charriés par les eaux pluviales, ce qui permet de retenir également la terre, et maintenir la tenue d’une plate-forme carrossable.

Dans notre région, lorsque ces emmarchements n’ont pas été entretenus, ni renforcés, c’est le gros ravinement assuré : le sentier est fragilisé, car le ruissellement s’accélère, la terre et les matériaux légers ou instables sont emportés, le sentier se creuse inexorablement, laissant resortir des cailloux, de plus en plus gros, voire des blocs jusque-là immergés.

Les conseils techniques page suivante…

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7 réponses à : « L’art du sentier : formation par le service rando du CG06 »

  1. Le balisage spécifique VTT des uns, ça me fait toujours un peu peur dans la mesure ou ça peut devenir les seuls chemins autorisés aux VTT pour d’autres.

    Faudra être très vigilant et ne pas scier notre propre branche.

  2. C’est vrai, mais d’un autre coté, cela participe à une politique de la région en faveur du développement des activités nature où le VTT a une part importante, avec des circuits balisés et référencés, et on ne peut pas s’en plaindre.
    Notre tâche (et donc notre vigilance) est évidemment de bien signifier aux gestionnaires qu’en aucun cas la pratique ne peut se restreindre qu’à ces seuls circuits, et que gérer ne passe pas forcément par “restreindre”.

  3. Salut
    J’essaye d’entretenir les sentiers sur lesquels je roule.
    Notamment un bois à coté de chez moi qui n’est pas entretenu depuis des années.
    Mais je fais cela au feeling et ce n’est pas toujours évident.
    Je me contente du minimum, c’est à dire dégager les arbres morts et rafraîchir certaines zones.
    Cela fait mal au coeur de voir un aussi joli bois non entretenu.
    De plus, il est la proie idéale des flammes

  4. salut,
    toutes ces actions sont intéressantes et de nature à développer une image posiitive de notre pratique sportive
    etre acteur sur le terrain, le faire savoir pour en retirer bénéfice et respectabilité
    on a tous, sur nos terrains de jeu des zones un peu “massacrées” par des usages abusifs tant en moto qu’ en VTT
    comment avoir la garantie que reconquérir le paysage et le tracé par des procédés anti-coupe sera cautionné, voire meme compris de tous les usagers ?le tracé convenant à l’ un n’ est pas celui convenant à l’ autre !
    sous couvert de bonne action, n’ y a t-il pas une forme d’appropriation des lieux par nous autres VTTistes ?par nos choix de tracé n’ érigons nous pas des interdits à d’ autres usagers ?

  5. @phil : Précisément, notre charte et notre action vise à faire respecter par tous le tracé “original” du sentier. Les coupes ne sont d’ailleurs pas créées par les seuls vététistes, de plus en plus de marcheurs sportifs n’hésitent pas à couper, cassant ainsi le tracé originel.

    Cautionnés ? Compris ? C’est tout le travail de longue haleine qui se déroule devant nous. Nous le savons en suivant certaines réactions très… “jeunes” sur des forums de freeriders, que nous passons pour des empêcheurs de tourner en rond, alors que nous tentons précisément d’établir les bases d’un mouvement qui défendra un partage équilibré des espaces naturels entre vététistes et autres usagers. Et il n’est évidemment pas question de “s’approprier” quoi que ce soit. Même si dans certains cas particuliers, une séparation marcheurs – vététistes est souhaitable, la majorité des sentiers que nous empruntons doit surtout rester accessible à TOUS !

    Enfin l’entretien d’un sentier est évidemment au bénéfice de tous. Nous ne parlons pas pour l’instant d’aménagements destinés à “durcir” ou “faciliter” les passage des vélos.

  6. Lorsque je me promène en montagne un sentiment de sacré m’habite. Chaque pierre déplacée, chaque pigne écrasée, chaque brin d’herbe piétiné me semble un sacrilège. Je n’ai pas le droit d’être là. Seul le silence naturel de la faune et du vent dans les arbres, seul le vieil arbre mort, seul le petit ruisseau d’eau vive sont chez eux. Je suis l’intrus qui dérange rien que par sa présence. J’ai beau me faire tout petit, discrèt et silencieux, je me trouve indigne d’appartenir à la nature. Ce mot galvaudé, ce concept méprisé par l’activité humaine, cette idée même me déshonnore.
    Alors que penser de ceux qui regardent avant tout leur roue avant ?

  7. “on a tous, sur nos terrains de jeu des zones un peu “massacrées” par des usages abusifs tant en moto qu’ en VTT”
    “J’ai beau me faire tout petit, discret et silencieux, je me trouve indigne d’appartenir à la nature. Ce mot galvaudé, ce concept méprisé par l’activité humaine, cette idée même me déshonore.
    Alors que penser de ceux qui regardent avant tout leur roue avant ?”
    ——
    J’en pense que l’usage de véhicules à moteur sur sentier est interdit – à juste titre – par la loi, plus précisemment interdiction générale des moteurs en dehors des routes ouvertes à la circulation publique ….
    et que la pratique déviante du VTT style “descente à fond la caisse” dessert malheureusement les pratiquants de ce merveilleux sport de pleine nature, qui reste sans aucune empreinte négative sur l’environnement, si chacun en respecte l’éthique : combien de fois ai je rencontré biches et autre animaux sauvages, aucun problème de “cohabitation” avec piétons , chevaux … si on maitrise son comportement ( c’est plutôt les clébards des piétons qui sont un cauchemar) ,aucun dégât du sol si on s’en donne la peine de faire comme il faut … etc

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