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Sospel

Arriver par le train dans une petite ville comme Sospel, c’est être transporté dans un autre espace-temps.

Une fois le train reparti, les rares passagers évanouis, nous sommes plongés dans une ambiance d’une autre époque. Le calme, l’odeur du ballast qui commence à chauffer sous un soleil généreux, la façade ocre d’un bâtiment élégant et déjà ancien, l’horloge rétro mais parfaitement à l’heure, le linge qui sèche aux fenêtres, comme en Italie toute proche, on se sent vraiment appaisés.

Nous quittons rapidement la gare sur nos montures pour rejoindre le centre ville tout proche, dévaliser quelques boulangeries ou charcuteries pour certains, ou simplement tester une terrasse ensoleillée pour d’autres sous le prétexte fallacieux d’un petit café. Tss, tss, allons, allons, nous avons du chemin ! Et pour commencer, 800 m positifs de piste pour atteindre la baisse de Scuvion !

Déchetterie

La longue montée sur piste et ses trois pauses sont l’occasion de ramasser une quantité de bouteilles plastiques, canettes de bière, emballages et cartouches de fusil. Le pauvre Braguornot voit son pochon gonfler à vue d’oeil, et on se dit qu’il faudrait systématiquement prévoir des sacs poubelles dans notre équipement de randonneur, tant il y a à faire pour restaurer un minimum l’état des lieux.

Il y a deux approches lorsque nous randonnons en pleine nature : ou bien on considère que les responsables des dégradations sont… les responsables, et on laisse en l’état, ou bien on met son individualisme de côté et on restaure autant que possible la nature souillée en se disant que c’est pour le bien de tous.

Débroussaillage et épierrage

Arrivés enfin à la baisse, nous avons la satisfaction de voir la côte, avec l’habituel vent frais mais sans la brume qui touche souvent cette partie du relief. C’est enfin le début du sentier qui contourne par l’ouest le mont Razet, en passant par la Pierre Pointue et le blockhaus, d’où part la très jolie descente vers le col du Razet.

Surprise, les grosse coupes des premières épingles de la descente ont été récemment bouchées par des branchages. Comme quoi, d’autres usagers sont aussi actifs dans le bon sens.

Avant l’arrivée au col, un pin arraché barre quasiment le sentier. David, Laurent et moi-même sortons nos scies pliantes respectives pour débiter les branches gênantes ou dangereuses, et repousser le tout en aval du sentier. La suite nous fera intervenir une douzaine de fois, que ce soit pour des branches affaissées, des arbres morts, ou des buissons de genêts couchés en travers du sentier sous le poids des dernières chutes de neige. Nous parlerons dans un autre billet des outils testés et préconisés.

Après le délicieux picnic au col du Razet où certains étaient plus que prêts pour la sieste, nous repartons par le PR en direction du col St Bernard et sa chapelle du même nom. Sur le parcours, nous continuons nos arrêts élagages tandis que les gros blocs échappés des murets ou de pierriers amont sont replacés proprement sur les côtés du sentier. Nous profitons également de certains passages pour montrer et transmettre les techniques de drainage ancestrales expliquées la semaine passée par les techniciens du CG06.

Pointe de la Penna

Nous connaissions bien la descente hyper technique du col du Berceau, et son sympathique portage qui la précède, mais une fois parvenus à la chapelle St Bernard, nous prenons l’option descente par le Pointe de la Penna, conseillée par Greg de 1001sentiers. Bien que cette variante soit un peu moins physique, nous avons été très déçus par l’interminable pierrier barré par de longues traversées ponctuées d’épingles exposées et instables. Il n’y a donc pas photo, le col du Berceau reste la solution la plus intéressante sur le plan vététistique pour redescendre sur Menton.

Heureusement, nous rejoignons après Castellar, la divine portion de sentier avec son final en grosses marches d’escaliers, juste avant de passer dans un petit tunnel sous l’autoroute, pour redescendre sur Menton par la petite route panoramique en crête.

Menton – Nice

Le temps de rejoindre la gare peu après 17h, on est juste à l’heure pour un TER omnibus qui dessert toutes les gares. Alors la bière en terrasse autour d’une table, sera pour la prochaine fois !

Peu de monde une fois de plus dans les rames, et nos 10 vélos trouvent facilement leur place. Malgré la longueur du trajet (omnibus) cette ligne est un vrai bonheur. Nous longeons la côte sans interruption jusqu’à Nice, face au soleil couchant, avec les bateaux nonchalants qui rentrent vers leur port d’attache. Le groupe se sépare progressivement, alors que chacun atteint sa gare de retour, et après un dernier passage face à la Baie des Anges, la garette de Biot, et — entorse à l’esprit initial — c’est Eric qui me remonte finalement à Sophia avec sa Clio 😉

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10 réponses à : « Rando eco-sentiers : la première »

  1. Merci pour ce superbe compte rendu. Il rajoute encore à ma frustration de ne pas avoir pu vous accompagner pour raison professionnelle.
    J’ai pour l’occasion une petite question : Je ramasse également les détritus lorsque je sors seul en VTT (c’est à dire souvent), et je me retrouve rapidement obligé d’abandonner par manque de place dans mon sac dorsal. La technicité du VTT n’est pas vraiment compatible avec un gros volume/poids dans le dos. Comment vous êtes vous organisés pour la collecte ? Avez-vous brûlé des ordures en cours de balade ?

    A bientôt pour la prochaine rando « eco-sentiers » (si c’est un dimanche ; mon seul jour de repos !!!)

  2. Merci Beb’R ! Ta question reste un vrai souci, et même avec un sac supplémentaire pour chacun, cela n’y suffirait pas. Mais c’est quand même bien mieux que rien ! Et non, on a pas brûlé. Ca demande des conditions de sécurité difficiles à réunir et aussi du temps pour tout éteindre après…
    A l’image de Moutain Rider qui organise plusieurs fois dans l’année de grandes collectes de déchets autour des stations de montagne, c’est une chose que nous pourrions envisager. Mais on se concentre pour l’instant sur notre cible principale : l’entretien des sentiers et de l’image du VTT.

  3. Faudrait se faire des sacs/besaces, se fixant d’une manière efficace sur nos sac à dos, ou en ventral, offrant un grand volume, le tout à l’effigie de eco-sentiers (tout au moins l’URL).
    Je pensais aussi proposer aux bikers HP du midi de faire une sortie ramassage de détritus, par mois sur le site de Sophia.

  4. Welcome on board Didier ! 😉
    L’idée du sac eco-sentiers est à garder, dès que nous serons assez développés pour justifier des subventions en ce sens.
    Quant à l’autre idée, c’est la réflexion que je me fais quasiment à chaque sortie footing dans la Valmasque (on a plus le temps de voir les détritus 🙂 ). Par contre si on veut bien faire, et motiver du monde, et que ça serve vraiment à quelque chose, il faut nécessairement faire du bruit autour, le faire savoir avant, et après, afin que les gestionnaires (commune, CG06, & co.) participent aussi, d’une façon ou d’une autre (c’est quand même leur boulot à la base), et que les différents utilisateurs du parc en soient informés, et éduqués…

  5. Faire du bruit…faut voir. J’ai cru comprendre que le statut des bikers est plutôt mal en point ces jours ci (Valmasque, Brague, …) Instituons d’abord quelque chose de régulier et on pourra ensuite en faire de la pub (et justifier notre présence/utilité).

    Tu as des cibles précises pour une première sortie de ce type?

  6. Je t’avais pas dit merci et chapeau pour le CR !
    Et, comment on peut-te récupérer des photos de la journée ?

    @+

    N’oubliez pas de couper des branches mais pas les épingles !!!

  7. @Didier : Le « bruit » en question, c’est d’abord rameuter des bonnes volontés, car passer aux actes est bien souvent un pas difficile pour certains. Après, c’est effectivement informer les acteurs gestionnaires des lieux de notre implication réelle et utile, et de nos attentes (en retour).

    Les cibles ? Il y a l’épouvantable passage entre le pont de la Source et le parcours le long du golf de Mougins qui en serait déjà une grosse. Le souci c’est qu’il nous faudrait à disposition un container pour évacuer les roues, batteries, et autres déchets lourds de ce coin dépotoir…

  8. On pourrait demander a la mairie de Valbonne de stationner un container quelques temps sur le petit parking après le pont de la source sur la route du parc. Ils sont souvent comprehensifs. Je peux m’en charger si tu veux.

  9. patrick des montagnes27 avril 2008 à 19:35

    un petit lien qui devrait vous interesser …

    http://www.duralpes.com/change.....9approche/

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